L’art du deal trumpien à l’international ou comment booster le levier de ses adversaires:

La pression maximale, c’est-à-dire « l’art du deal » de Donald Trump, a buté sur le même obstacle que dans le cas de la guerre commerciale avec la Chine. La méthode a conduit l’adversaire à identifier et à utiliser son levier de résistance le plus efficace contre la puissance de Washington. L’ironie est extrême pour un président qui voulait redessiner la carte géostratégique mondiale et se retrouve à accélérer l’apprentissage de ses rivaux.

C’est l’objet de ma dernière chronique à lire sur Mediapart.

© Illustration Simon Toupet / Mediapart avec AFP

C’était déjà perceptible à Washington début juin. Même les républicains les plus proches de l’administration, qui défendaient la guerre contre l’Iran à son déclenchement, ne trouvaient plus d’arguments pour justifier les revirements de Donald Trump sur les buts de guerre, ses annonces contradictoires (« Je n’ai jamais promis de ne pas commencer de nouvelles guerres ») ou aberrantes (« J’adore l’inflation »). Personne non plus pour démentir que l’Iran dispose désormais d’un moyen de dissuasion massif à travers son contrôle du détroit d’Ormuz.

Les derniers jours ont de nouveau illustré les pires travers du président. Donald Trump a déclaré « complet » l’accord entre l’Iran et les États-Unis, alors qu’il ne s’agit que de quatorze points d’un « accord-cadre » (« memorandum of understanding »). S’il a été signé mercredi 17 juin au soir par les présidents des deux pays, tout reste à négocier dans les soixante jours qui viennent.

Aucun des objectifs de guerre tour à tour brandis par Washington n’a été atteint. Cela revient, pour les États-Unis, à une défaite stratégique. Le texte se contente en effet, après trois mois de guerre, au prix de dizaines de milliards de dollars et de la déstabilisation de l’économie mondiale, de rétablir le statu quo antérieur, la seule réelle garantie étant la réouverture du détroit d’Ormuz. 

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