La tournée récente d’Antony Blinken, secrétaire d’État américain, dans trois pays africains (le Kénya et le Nigéria, partenaires historiques, ainsi que le Sénégal, avec lequel le partenariat n’a cessé de se resserrer depuis une décennie) témoigne d’une volonté de réparer les dégâts et de renouer le dialogue sur des bases saines, après quatre années de mandat Trump marquées par une négligence teintée de mépris. Que retenir de ce déplacement ?

Build Back Better après Trump

Chipo Dendere, chercheuse zimbabwéenne citée par le CSIS, expliquait ainsi les réactions enthousiastes à l’élection de Biden  : « la barre était tellement basse après les années Trump (…) que Biden n’a qu’à faire preuve de respect et d’engagement à vouloir travailler avec d’autres pays« . 

L’accent mis sur la démocratie et sur le changement climatique au cours du voyage d’Antony Blinken visait ainsi à se démarquer de la priorité sécuritaire affichée par l’administration Trump dans ses relations avec l’Afrique, même si aucune rupture n’a eu lieu sur ce point, pour l’instant. La coopération sécuritaire entre Paris et Washington a ainsi été réaffirmée, tout comme celle avec le Sénégal. Blinken a également profité du déplacement pour adresser un avertissement clair à la Russie en évoquant le rôle du groupe Wagner au Mali. Enfin, Washington a multiplié les appels au cessez-le-feu en Ethiopie, par la voix de son envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey D. Feltman, et ce même si l’influence américaine sur le conflit semble pour l’instant limitée, de l’aveu même du département d’État.

Lire la suite sur le site de l’Institut Montaigne, article écrit avec Marin Saillofest