Le piège impérial

Le piège impérial (The Empire Trap) est un livre de Noel Maurer, professeur associé à Harvard et spécialiste des interventions économiques américaines. Son dernier ouvrage s’ouvre et se ferme sur l’exemple du Venezuela – mais entre la fin du 19e siècle et le début du 20e, les modalités de l’impérialisme économique des Etats-Unis ont dramatiquement évolué. Le piège impérial raconte une partie de cette histoire.

Cet article a d’abord été publié sur le site War Studies Publications. 

Couv Empire Trap

Noel Maurer, The Empire Trap: The Rise and Fall of U.S. Intervention to Protect American Property Overseas, 1893-2013, Princeton, NJ: Princeton University Press, 2013, 558 pages.

Noel Maurer est professeur associé à la Harvard Business School. Son dernier ouvrage, The Empire Trap, retrace l’histoire des interventions extérieures décidées par les Etats-Unis pour la protection des investissements américains directs à l’étranger de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Il propose, pour le dire plus simplement, une histoire de l’impérialisme économique américain à travers le prisme des interventions visant à protéger ou garantir les droits de priorités d’entreprises ou de citoyens individuels américains contre les expropriations par des gouvernements étrangers.

Il est peu question dans cet ouvrage des grandes idées, théories et doctrines qui inspirent et justifient l’interventionnisme militaire américain entendu depuis le tournant que constitue la présidence de Theodore Roosevelt à la fin du 19e siècle, première occurrence d’une Amérique « gendarme du monde » avant l’entrée véritable en 1945 dans le « siècle américain » : le propos de Maurer est en effet centré sur les intérêts économiques et leur influence sur les décisions d’interventions extérieures. C’est à la fois l’intérêt, et la principale limite de ce livre.

 

Le cœur du propos de Maurer est le récit de l’évolution historique du règlement des disputes sur les droits de propriétés américains à l’étranger, évolution qui a permis de passer d’une ère d’interventions militaires américaines pour les intérêts économiques nationaux, à une nouvelle époque (récente) où la création d’instances internationales a permis le règlement de ces litiges par d’autres voies que l’intervention directe de Washington.

Ce récit, qui constitue la thèse de l’auteur, peut se résumer en quatre points qui sous-tendent aussi l’organisation de l’ouvrage :

Premier point, les interventions pour protéger les intérêts des investisseurs américains ont connu un important succès dans la compensation des entreprises américaines concernées.

Deuxième point, ces interventions au bénéfice d’intérêts particuliers américains (en ce sens qu’il s’agissait de possessions de riches individus ou d’entreprises privées) se sont faites le plus souvent sans considération voire au détriment des intérêts stratégiques de Washington vis-à-vis des pays concernés par ces interventions.

Troisième point, qui correspond également à l’un des angles plus particulièrement étudiés par l’auteur, les tentatives de Washington pour imposer des réformes institutionnelles y compris par la prise en charge directe par ses agents sur place du système de douanes et d’impôts locaux (les tentatives de régler le problème à la source si l’on veut), ont presque toujours échoué à améliorer la situation locale (eu égard aux investissements directs américains sur place).

Quatrième point enfin, le gouvernement américain a utilisé des méthodes qui ont varié au fil des décennies et qui ont finalement permis aux entreprises américaines de parvenir à des règlements négociés avec les gouvernements étrangers sans plus faire appel aux interventions directes de Washington : c’est la création évoquée ci-dessus d’instances internationales de règlement des litiges, le dernier exemple donné par l’auteur datant de 2007 et concernant les nationalisations d’intérêts pétroliers par le président vénézuélien Hugo Chavez, différend qui a été réglé par la Chambre internationale de commerce et le paiement par Caracas d’une compensation de 907 millions de dollars aux compagnies américaines ExxonMobil et ConocoPhillips.

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