Le sommet de l’Otan se tient à Vilnius, en Lituanie, mardi 11 et mercredi 12 juillet. Ses conclusions pèseront sur l’avenir de l’Alliance atlantique, avec des décisions attendues sur l’Ukraine et la posture face à la Russie.

Illustration Simon Toupet / Mediapart

Certaines choses, toutefois, ne changent pas : le secrétaire général de l’organisation, le Norvégien Jens Stoltenberg, voit son mandat prolongé une nouvelle fois, signe de la difficulté des membres à se mettre d’accord sur un autre nom. Ce n’est pas le seul sujet où l’unité est difficile à trouver.

Les débats sont révélateurs du nouveau contexte européen et transatlantique. Certaines positions, comme celles des États-Unis et de la France, se trouvent même en miroir inversé par rapport à l’administration Bush, qui voulait faire entrer Ukraine et Géorgie et s’était heurtée à l’opposition de Paris (et de Berlin). Il n’en est toujours pas question, et ce point relève du faux suspens : l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan ne se fera pas tant que la guerre est en cours. L’enjeu de Vilnius est ailleurs : garantir sur la durée l’assistance militaire à Kyiv et poursuivre la mise à jour de l’Alliance.

S’il n’est pas question d’une entrée immédiate de l’Ukraine, Vilnius devrait apporter des réponses sur des « garanties de sécurité », formule floue qui s’est imposée depuis le discours de Macron à Bratislava (Slovaquie) fin mai. Il s’agit de répondre à Vladimir Poutine, qui pense avoir le temps avec lui, face aux contraintes des opinions et des élections qui pèsent sur les démocraties européennes et états-unienne.

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Pour les spécialistes de l’Otan, le sommet de Vilnius doit avant tout montrer la mise en œuvre du concept stratégique de l’Alliance, présenté lors du précédent sommet « historique » de Madrid en 2022: il s’agit de préciser la nouvelle posture militaire de l’Otan, c’est-à-dire les plans concrets face à une Russie qui se définit depuis son invasion de février 2022 comme en guerre « contre l’Ukraine et l’Occident ».

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