Le secteur de l’intelligence artificielle ne contribue pas seulement à l’esthétique des spots de campagne. Il est devenu un acteur majeur de la campagne des élections de mi-mandat, le 3 novembre aux États-Unis, en raison de l’argent qu’il génère et des protestations qu’il suscite.

C’est le premier d’une série d’articles pour Mediapart.

© Photo illustration Simon Toupet / Mediapart

À un mois des midterms, l’opposition aux datacenters est devenue l’enjeu inattendu de cette campagne. Elle unit comtés trumpistes et banlieues démocrates, et mobilise aussi bien des anciens du Tea Party que d’Occupy Wall Street.

Les inquiétudes portent d’abord sur l’impact environnemental, sur l’eau et le prix de l’énergie, ainsi que sur les nuisances sonores et esthétiques de ces gigantesques hangars post-humains. Mais la rapidité et l’ampleur de la mobilisation pointent vers quelque chose de plus profond. Ces midterms sont la première élection où l’intelligence artificielle (IA) devient un enjeu de campagne.

En 2024, l’IA n’était qu’un élément de décor, évoqué pour son utilisation dans certains spots de campagne. En 2026, elle est devenue beaucoup plus que cela, un enjeu à plusieurs facettes, un outil pour les stratèges et communicants des deux partis, et un acteur politique direct à travers les sommes vertigineuses investies dans les campagnes par les comités d’action politique formés et financés par les grandes entreprises rivales de l’IA.

Un basculement sans précédent

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