Des figures conspirationnistes contribuent désormais à définir la politique des États-Unis. Mais le mauvais génie libéré par le trumpisme lui revient en pleine face, avec la montée de courants antisémites qui divisent ses propres troupes. C’est l’objet du deuxième volet de ma trilogie sur la transformation de l’espace informationnel aux Etats-Unis sous Trump.
Lorsque la base militante, les élus ou les cadres les plus jeunes de la mouvance Maga (« Make America Great Again ») tiennent tête à Donald Trump, c’est au sujet de l’affaire Epstein, du rôle d’Israël, ou avant cela des vaccins contre le Covid – bref, quand leur champion n’est pas assez complotiste.
Le complotisme reste un ciment de l’infrastructure médiatique qui a été construite au service de Donald Trump. Dès 2011, c’était un moteur de la carrière politique entamée par l’homme d’affaires. Avec son second mandat, la Maison-Blanche est carrément occupée par des figures complotistes. Certaines dirigent des agences gouvernementales et leurs délires sont devenus la politique officielle.
Mais aucun complotisme n’est plus résilient que les théories liées à l’affaire Epstein.
L’affaire Epstein a ainsi pris la relève de QAnon comme théorie complotiste dominante du second mandat de Donald Trump. Elle exprime un sentiment antisystème et le rejet des « élites globalistes », qui restent l’essence de la démagogie nationaliste du mouvement Maga. La publication des « dossiers Epstein » devait valider cette vision du monde et prouver l’ampleur d’un « système »maléfique que Trump était censé combattre pour ses électeurs et électrices. « Epstein est une clé qui ouvre la porte à tant de choses… », suggérait Steve Bannon lors de la conférence étudiante de Turning Point, l’organisation de feu Charlie Kirk, en juillet 2025.

