En deux week-ends, la dynamique de la campagne américaine a été profondément bouleversée. D’abord par la tentative d’assassinat contre Donald Trump, transfiguré en messie couronné par la convention républicaine qui a suivi; ensuite par le retrait de Joe Biden, qui a transmis le bâton à sa vice-présidente. Avec la candidature de Kamala Harris, l’énergie et l’enthousiasme ont changé de camp.
Mais après les faits, ou presque instantanément dans l’ère médiatique actuelle, vient la guerre des récits, le nerf de la politique aujourd’hui, sur un terrain transformé par Trump et où les républicains disposent de nombreux atouts. C’est l’objet de ma dernière chronique Mediapart.
La campagne républicaine et son fidèle écosystème médiatique sont déjà en train de tenter de détruire la candidature de Kamala Harris : c’est une course de vitesse à qui déterminera le récit dominant sur sa personnalité, sa carrière et son projet pour les États-Unis.
Pour la première fois depuis des semaines, l’équipe Trump perd le contrôle du rythme médiatique. Elle perd surtout son adversaire favori, sur lequel elle avait basé toute sa stratégie de campagne. La panique est palpable dans les attaques parfois contradictoires sur le passé de procureure de Kamala Harris, l’affolement de Trump, qui voulait en début de semaine « attaquer en justice les démocrates pour le retrait de Biden », ou encore les réactions faussement outragées du camp républicain sur un supposé « déni de démocratie » de la part de l’actuel locataire de la Maison-Blanche.
X et le complot
Mais la nouvelle réalité médiatique, c’est aussi ce que ces deux dimanches ont confirmé sur le rôle central du réseau social X (ex-Twitter) et de son propriétaire Elon Musk dans la vie politique américaine.

